Médical

Fiche études : médecin du travail

Après avoir défini le rôle et les compétences du médecin du travail dans notre fiche métier médecin du travail, attardons-nous désormais sur les longues études qui mènent à cette profession. Les voies d’accès au système de santé français ne sont pas toujours simples à comprendre et à prendre en main. Cet article devrait vous aider à y voir plus clair.

Qu’est-ce qu’un médecin du travail ?

Le médecin du travail est un professionnel de santé chargé de veiller à la santé physique et mentale des salariés en lien avec leur activité professionnelle. Il n’effectue pas de soins curatifs, mais agit exclusivement dans une logique de prévention. Son rôle est de s’assurer que le poste de travail est adapté à l’état de santé du salarié, et inversement.

Face à l’évolution constante des conditions de travail, au stress, aux risques physiques et psychosociaux, la carrière de médecin du travail est devenue essentielle. Il joue aussi un rôle de médiateur entre l’entreprise et les salariés, favorise le maintien dans l’emploi, participe à la lutte contre les inégalités de santé et contribue activement au bien-être au travail.

Le parcours universitaire pour devenir médecin du travail

Les études de médecine : un tronc commun obligatoire

Avant d’intégrer l'enseignement supérieur, un futur médecin du travail doit obtenir le baccalauréat, de préférence dans une filière scientifique, afin de maîtriser les bases indispensables. Il disposera alors de deux options :

  • Le Parcours Accès Santé Spécifique (PASS)
    • Introduit en 2020 en lieu et place de l’ancienne Première Année Commune aux Études de Santé (PACES), le PASS est une année d’étude combinant une majeure santé à une mineure diverse. Cette structure diversifie les compétences en plus d’offrir des voies de réorientation.
    • Les étudiants sont évalués sur la base du contrôle continu et des examens finaux.
      • Les admis intègrent les filières de santé.
      • Les non-admis peuvent se réorienter vers la filière de leur mineure. Ils pourront repasser le concours l’année suivant.

Le PASS permet de réduire la pression liée au concours unique de la PACES et de diversifier les compétences de l’étudiant.

  • La Licence avec Accès Santé (L.AS)
    • Introduite en 2020 afin de diversifier l’offre de formation en études de santé, la L.AS est une filière combinant n’importe quelle majeure (droit, lettres, économie, etc.) à une mineure santé spécifique (biologie, physiologie, etc.).
    • À l’issue de la première, deuxième ou troisième année et s’il a validé les minimas, l’étudiant en L.AS peut candidater aux études de santé. Il passe alors des examens spécifiques. Selon ses performances, il sera rejeté ou intégré en deuxième année de médecine.

La L.AS permet aux étudiants de suivre un parcours diversifié, favorisant les compétences et les réorientations.

Études médicales générales

Après le PASS ou la L.AS (voir ci-dessus), les études permettant de devenir médecin du travail se décomposent en deux parties diplômantes :

  • Le Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales (DFGSM) : cursus de trois années (les PASS et L.AS comptent comme la première) composé de cours théoriques en sciences médicales et de stages cliniques en milieu hospitalier.
  • Le Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales (DFASM) : suite directe du DFGSM, il s’agit d’un cursus de trois années qui intègrent des cours spécialisés et des stages avancés dans les différents services hospitaliers.

Épreuves de fin d’externat

Au cours de la dernière année du second cycle, les étudiants doivent passer une batterie d’épreuves qui leur permettra, en fonction de leurs résultats et de leurs classements, de formuler des vœux de spécialité, mais également de ville. En voici la liste :

  • Épreuves dématérialisées nationales (EDN) : elles ont lieu en octobre et comptent pour 60 % de la note finale. Pour les réussir, l’étudiant doit obtenir une note supérieure ou égale à 14/20 aux connaissances théoriques utiles à tous les médecins indépendamment de leur spécialité.

  • Examens cliniques objectifs et structurés (ECOS) : ils sont organisés en mai et comptent pour 30 % de la note finale. Ils permettent de vérifier la capacité des étudiants à développer un raisonnement clinique et à résoudre des problèmes. La note minimale doit être de 10/20.

  • Note de parcours universitaire : ce contrôle continu prend en compte l’engagement de l’étudiant, son cursus, sa mobilité, son niveau d’anglais et représente 10 % de la note finale.

Spécialisation en médecine du travail

Une fois les études générales de médecine achevées, l’étudiant qui se spécialise en médecine du travail entre en internat pour une durée de quatre ans. Ce parcours est divisé entre la formation théorique et la formation pratique :

  • Formation théorique : les internes suivent des cours spécifiques portant sur la santé au travail, la prévention des risques professionnels, la physiopathologie des expositions, la réglementation, et la médecine légale.

  • Formation pratique : les internes en médecine du travail effectuent des stages dans différents milieux : services de santé au travail interentreprises, entreprises, inspection du travail, centres de pathologie professionnelle, etc.

En outre, l’interne en médecine du travail doit rédiger et soutenir une thèse afin d’obtenir son doctorat. À l’issue de cette spécialisation, il obtient le Diplôme d’État de Docteur en Médecine avec une spécialisation en médecine du travail. Après 10 à 11 années d’études pour devenir médecin du travail, il peut exercer ce métier clé dans la prévention et la promotion de la santé en milieu professionnel et postuler des offres d’emploi médecin du travail.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur le recrutement des médecins, retrouvez notre guide complet du recrutement médical.

Les stages pratiques en médecine du travail

Les stages pratiques réalisés durant l’internat en médecine du travail jouent un rôle fondamental dans la formation des futurs praticiens. Ils permettent une immersion progressive dans des environnements variés : services de santé au travail en entreprise, structures interentreprises, organismes publics ou encore collectivités. Concrètement, les internes sont amenés à participer à des visites de locaux, à réaliser des analyses de poste, à contribuer à l’élaboration de plans de prévention, ainsi qu’à conduire des actions d’information et de sensibilisation auprès des salariés. 

Ces expériences de terrain leur offrent une compréhension directe des enjeux liés à la santé au travail et à la prévention des risques professionnels. Encadrés par des médecins du travail expérimentés, ils bénéficient d’un accompagnement individualisé, fondé sur la transmission de savoirs pratiques, de méthodologies d’analyse et d’une posture professionnelle adaptée aux réalités du terrain. Ce compagnonnage renforce leur capacité à intervenir avec rigueur et discernement dans des contextes parfois complexes, en conciliant expertise médicale, exigence réglementaire et dynamique humaine.

Les compétences développées durant la formation

Connaissances approfondies en santé publique et en médecine préventive

Le socle de compétences des médecins du travail repose d’abord sur une solide formation en santé publique, orientée vers la prévention des risques professionnels. Dès les premiers mois du cursus, l’accent est mis sur la compréhension des déterminants de santé en milieu professionnel, sur l’identification des pathologies liées aux conditions de travail et sur les leviers d’action pour améliorer la qualité de vie au travail.

Par ailleurs, les étudiants apprennent à évaluer les expositions aux risques physiques, chimiques, biologiques ou psychosociaux, à analyser les situations de travail et à anticiper l’apparition de troubles. Cette approche proactive est au cœur de leur mission : prévenir plutôt que guérir, en favorisant une culture de la prévention à tous les niveaux de l’entreprise.

Maîtrise du cadre législatif, réglementaire et institutionnel

La médecine du travail s’exerce dans un environnement juridique particulièrement encadré. Les étudiants en médecine du travail reçoivent une formation rigoureuse sur les textes de loi encadrant la santé au travail, les obligations de l’employeur, les droits des salariés, ainsi que sur les normes en matière d’hygiène, de sécurité et d’ergonomie.

Les médecins du travail apprennent à interpréter ce cadre réglementaire dans sa complexité et à l’appliquer de manière opérationnelle sur le terrain, en lien avec les partenaires sociaux et les institutions. La compréhension fine des évolutions législatives, des responsabilités civiles et pénales, ainsi que des dispositifs de veille juridique sont des prérequis indispensables pour garantir un accompagnement conforme et efficace des entreprises.

Développement des compétences relationnelles, pédagogiques et éthiques

Au-delà des savoirs techniques, la formation des futurs médecins du travail les prépare à occuper un rôle de médiateur, de conseiller et parfois d’arbitre au sein de l’organisation. Ils doivent savoir instaurer un climat de confiance avec des interlocuteurs multiples : salariés, managers, représentants du personnel, services des ressources humaines ou directions générales.

L’écoute active, la capacité à formuler des recommandations claires et argumentées, l’adaptabilité du discours en fonction des enjeux et des profils, ainsi que le respect du secret médical font partie intégrante de leur posture professionnelle. La dimension pédagogique est également essentielle : savoir expliquer les enjeux de santé au travail, animer des sessions de sensibilisation, faire évoluer les représentations sur les risques professionnels ou encore favoriser l’adhésion à des dispositifs de prévention collective.

Enfin, la formation des médecins du travail met l’accent sur l’éthique de la pratique, notamment dans la gestion des conflits d’intérêts potentiels entre la santé des salariés et les contraintes économiques de l’entreprise.

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